Djina Chemtov
Née à Sofia, Bulgarie
1972 - 1978, École nationale supérieure des Beaux-arts de Sofia.
1978 - Diplôme de l'école nationale supérieure des Beaux-arts de Sofia (Bulgarie)
Vit et travaille à Paris depuis 1980


Djina Chemtov
est une auxiliaire de l’invisible. Chacune de ses œuvres nous suggère un passage dont il faut trouver l’entrée et passer, comme Alice, de l’autre côté du miroir. Peu importe le sujet, il est toujours prétexte à exprimer un mystère sous-jacent dans chacune de ses toiles.
Tel un fil d’Ariane, nous partons à la rencontre d’un ailleurs, d’une autre face cachée de nous-même à chaque fois que nous sommes en présence de l’un de ses tableaux. Dans notre quête et nos interrogations, Djina nous distille subrepticement quelques indices : une structure solide, immanente, expression de cet amour de la nature qui habite ses œuvres, une intimité qu’elle recrée en nous, rappelant sa période de rencontre avec l’art à travers la matière du tissu et la trame, évocatrice d’un aspect charnel, incarné, tangible, omniprésent lui aussi dans sa peinture. Notre regard se laisse également captiver par son jeu de transparence et de superposition des couleurs où chacune d’elles se cache, se calque ou se dévoile dans des ciels diaphanes et incandescents, où ses corps, ses visages translucides et ses paysages embrasés, sont sublimés par une atmosphère bienveillante et chaleureuse, fruit d’une osmose intérieure entre la matière et la couleur.
Djina Chemtov a-t-elle tracé ce cercle magique invisible comme la fée Viviane à travers ses pinceaux de lumière autour du spectateur qui contemple ses œuvres ? Malgré les quelques indices glanés dans ses tableaux, je ne suis pas parvenue à résoudre le mystère profond qui imprègne son œuvre et lui donne une force et une liberté impressionnante.
Enfin, rivées au cœur de ses toiles, émergent doucement une attente et la promesse d’un au-delà, comme un écho à notre propre intériorité et nos rêves qui cherchent à prendre corps...
-Laure Dellu